Faut-il payer des frais annuels pour une carte de crédit?
Une carte à 150 $ par année peut être plus rentable qu'une carte gratuite — mais seulement si ses récompenses et avantages dépassent réellement son coût.
Dans ce guide
- La formule de base
- Il faut comparer au meilleur substitut, pas à zéro
- Le seuil de rentabilité
- Les crédits annuels ne valent pas toujours leur valeur nominale
- Les salons d’aéroport : valeur réelle ou prix de détail?
- Les assurances sont encore plus difficiles à valoriser
- Les cartes payantes peuvent mieux convenir aux gros dépensiers
- Les plafonds peuvent modifier le seuil
- Les frais de carte secondaire comptent aussi
- Et les frais de conversion de devises?
- Si vous reportez un solde, privilégiez d’abord le coût du crédit
- Réévaluez chaque année
- Exemple Carte IQ
- À retenir
- Combien dois-je dépenser pour rentabiliser une carte payante?
- Un crédit annuel réduit-il automatiquement les frais?
- Les assurances justifient-elles les frais?
- Une carte avec frais est-elle mauvaise pour les petits dépensiers?
- Dois-je fermer une carte payante dès qu’elle n’est plus rentable?
- Sources consultées
- Articles connexes
- Comparez selon votre situation
« Je ne paierai jamais pour une carte de crédit. »
Cette position est compréhensible.
Pourquoi payer 120 $, 150 $ ou 200 $ par année lorsqu’il existe des cartes gratuites?
Parce qu’une carte payante peut parfois générer suffisamment de récompenses et d’avantages supplémentaires pour être moins coûteuse — ou plus rentable — qu’une carte sans frais.
Mais l’inverse est tout aussi vrai.
Une carte premium inutilisée peut être une dépense récurrente inutile.
La bonne question n’est donc pas :
Cette carte a-t-elle des frais?
mais :
Qu’est-ce que j’obtiens de plus en échange de ces frais?
La formule de base
L’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC) suggère de comparer la valeur des récompenses et avantages aux frais annuels.
Une version simple :
Valeur des récompenses + valeur des avantages − frais annuels = valeur nette
Exemple :
- récompenses : 500 $;
- avantages réellement utilisés : 100 $;
- frais : 150 $.
Valeur nette :
500 + 100 − 150 = 450 $
Une carte gratuite produisant 350 $ serait moins intéressante dans ce scénario.
Il faut comparer au meilleur substitut, pas à zéro
Voici une erreur fréquente.
Une carte payante rapporte 600 $ et coûte 150 $. On conclut qu’elle « rapporte 450 $ ».
Mais si une carte gratuite aurait rapporté 400 $ avec les mêmes dépenses, le bénéfice réel de choisir la carte payante est :
450 $ − 400 $ = 50 $
C’est ce gain marginal qui permet de décider si la complexité et les frais valent la peine.
Carte IQ doit donc comparer les cartes entre elles, pas seulement calculer leur valeur isolée.
Le seuil de rentabilité
Supposons :
Carte gratuite
2 % de rendement
Carte payante
4 % de rendement Frais annuels : 120 $
L’avantage de la carte payante est de 2 points de pourcentage.
Pour récupérer les 120 $ :
120 $ ÷ 2 % = 6 000 $ de dépenses admissibles
Après 6 000 $, la carte payante commence à prendre l’avantage, si toutes les autres conditions sont équivalentes.
Ce calcul de seuil est très utile.
Les crédits annuels ne valent pas toujours leur valeur nominale
Une carte coûte 250 $ par année et offre un crédit de 200 $.
Marketing :
« La carte ne coûte réellement que 50 $. »
Peut-être.
Si vous auriez dépensé ces 200 $ exactement de la même façon sans le crédit, sa valeur peut se rapprocher de 200 $.
Mais si vous devez réserver un service que vous n’utilisez normalement jamais, la valeur personnelle du crédit est plus faible.
Carte IQ devrait donc distinguer :
crédit quasi-argent : remplace une dépense déjà prévue;
crédit conditionnel : demande un comportement particulier;
avantage de confort : utile mais difficile à convertir exactement en argent.
Les salons d’aéroport : valeur réelle ou prix de détail?
Supposons qu’une carte comprend quatre accès à des salons.
Le prix de détail total pourrait être élevé.
Mais si vous n’auriez jamais payé pour entrer dans un salon, attribuer automatiquement la pleine valeur de détail aux quatre visites gonfle le rendement.
On peut plutôt demander :
- combien de visites utiliserez-vous?
- combien auriez-vous raisonnablement payé pour chacune?
- l’accès remplace-t-il une dépense de repas ou crée-t-il simplement du confort?
Carte IQ cherche à éviter de transformer chaque avantage en « argent gratuit ».
Les assurances sont encore plus difficiles à valoriser
Une carte peut inclure :
- assurance voyage;
- interruption ou annulation;
- retard de vol;
- location d’auto;
- protection d’achats;
- garantie prolongée.
Ces protections peuvent être très utiles.
Mais leur valeur ne devrait pas être calculée en additionnant le prix théorique de chaque assurance comme si l’utilisateur les aurait toutes achetées séparément.
Une approche prudente consiste à :
- confirmer les couvertures;
- identifier celles réellement pertinentes;
- montrer les avantages qualitativement;
- ne leur attribuer une valeur monétaire que lorsque l’hypothèse est défendable.
Les cartes payantes peuvent mieux convenir aux gros dépensiers
Plus les dépenses sont élevées dans une catégorie bonifiée, plus un petit avantage de rendement peut produire de dollars.
Exemple
Carte A gratuite : 2 % sur l’épicerie Carte B à 150 $ : 4 % sur l’épicerie
Pour 3 000 $ par année :
- A : 60 $;
- B : 120 $ − 150 $ = -30 $.
La carte gratuite gagne.
Pour 15 000 $ :
- A : 300 $;
- B : 600 $ − 150 $ = 450 $.
La carte payante gagne.
Il n’existe donc pas une réponse universelle.
Les plafonds peuvent modifier le seuil
Le calcul précédent suppose que le 4 % s’applique à toutes les dépenses.
Si le taux tombe à 1 % après 500 $ d’épicerie par mois, la valeur change.
Carte IQ doit appliquer les plafonds et paliers réels, sinon les cartes à frais élevées peuvent sembler artificiellement rentables.
Les frais de carte secondaire comptent aussi
Une famille peut demander des cartes additionnelles.
Certaines institutions facturent des frais pour chaque carte supplémentaire.
Si l’analyse porte sur un ménage et non un seul titulaire, ces frais devraient être inclus dans le coût total lorsque nécessaires à la stratégie.
Et les frais de conversion de devises?
Les frais annuels ne sont qu’un type de frais.
Pour un grand voyageur, les frais sur les transactions en devise peuvent compter davantage que 50 $ de différence de frais annuels.
La valeur d’une carte doit donc considérer les coûts correspondant au comportement réel.
Si vous reportez un solde, privilégiez d’abord le coût du crédit
L’ACFC souligne que le taux d’intérêt peut être plus important que les récompenses si vous conservez régulièrement un solde.
Une carte à taux réduit avec frais annuels peut même coûter moins cher qu’une carte gratuite à taux élevé pour quelqu’un qui rembourse une dette.
Autrement dit :
les récompenses sont un problème d’optimisation après que le coût de l’emprunt est maîtrisé.
Réévaluez chaque année
Une carte payante qui était excellente l’an dernier peut ne plus l’être.
Avant le renouvellement :
- regardez les récompenses réellement obtenues;
- vérifiez les crédits effectivement utilisés;
- comptez les avantages importants;
- soustrayez les frais;
- comparez avec une alternative sans frais ou moins chère.
Cette révision annuelle est plus fiable que de conserver une carte par habitude.
Exemple Carte IQ
Carte A — 0 $
Valeur des récompenses : 410 $ Avantages : 20 $
Net : 430 $
Carte B — 150 $
Valeur des récompenses : 520 $ Crédit réellement utilisé : 100 $ Autres avantages valorisés : 40 $
Net : 510 $
La carte B gagne de 80 $.
Ce n’est pas énorme, mais cela peut être suffisant si l’utilisateur apprécie aussi ses avantages.
Si le crédit de 100 $ n’est pas utilisé, la carte A devient meilleure de 20 $.
Voilà pourquoi le profil de l’utilisateur compte.
À retenir
Une carte gratuite n’est pas automatiquement économique.
Une carte payante n’est pas automatiquement premium.
Le bon calcul est :
- valeur des récompenses;
- valeur réelle des avantages;
- frais annuels et autres frais;
- meilleure alternative disponible.
Payez des frais seulement lorsque ce que vous obtenez en retour vaut davantage pour vous.
Questions fréquentesCombien dois-je dépenser pour rentabiliser une carte payante?
Cela dépend de l’écart de rendement avec une alternative gratuite. Le seuil peut être calculé en divisant les frais nets par l’avantage de rendement.
Un crédit annuel réduit-il automatiquement les frais?
Seulement si vous pouvez réellement l’utiliser. Un crédit de 100 $ que vous n’utilisez pas vaut 0 $ pour vous.
Les assurances justifient-elles les frais?
Elles peuvent contribuer à la valeur, mais il faut vérifier les couvertures et éviter de leur attribuer automatiquement leur prix de détail théorique.
Une carte avec frais est-elle mauvaise pour les petits dépensiers?
Pas nécessairement, mais les récompenses supplémentaires ont moins de dépenses sur lesquelles s’appliquer. Les avantages fixes peuvent néanmoins justifier la carte.
Dois-je fermer une carte payante dès qu’elle n’est plus rentable?
Pas forcément. Vous pouvez d’abord vérifier si un changement de produit ou une autre option existe auprès de l’émetteur et considérer les conséquences sur votre dossier.
Sources consultées
- Agence de la consommation en matière financière du Canada — Choisir une carte de crédit.
- Agence de la consommation en matière financière du Canada — Comment fonctionnent les cartes de crédit.
- Agence de la consommation en matière financière du Canada — Utiliser votre carte de crédit de façon responsable.
Articles connexes
- Les primes de bienvenue valent-elles la peine?
- Une seule carte ou plusieurs : quelle stratégie?
- Comment Carte IQ classe les cartes de crédit
Comparez selon votre situation
Les exemples de cet article sont généraux. Carte IQ vise à appliquer ces principes à vos dépenses, à vos préférences et aux cartes disponibles afin d’expliquer la valeur estimée de chaque recommandation.